Dossier : Biorégion. Pour une écologie politique vivante

Biorégion, Biorégion… voilà ce que serait le nouveau mantra. Depuis les mouvements de l’alternative radicale jusqu’à l’environnementalisme gestionnaire, depuis les mondes de la recherche jusqu’aux métiers de l’action territoriale. Le réseau des territorialistes propose de dessiner les contours d’une pensée biorégionale anarchiste et éco-féministe. Biorégion. Pour une écologie politique vivante.

Pourquoi un tel enthousiasme hexagonal lorsque quiconque regardant une carte institutionnelle se dit que notre « mille-feuilles » territorial a déjà belle épaisseur ? La raison principale est à trouver dans le caractère clairement anti-écologique et non-démocratique de cette organisation territoriale, qui plus est depuis son tournant néolibéral. Grosseur et démesure y sont de mise, entre intercommunalités XXL (min. 15 000 habitants) et labels métropolitains, entre Méga-Régions et capitales territoriales. Le tout sous couvert d’attractivité et agrémenté, bien sûr, de quelques périmètres visant la sanctuarisation de la nature sur le temps long – pour mieux lâcher les chevaux sur le reste – et, dans le temps court, de la logorrhée du ruissèlement métropolitain avec les prétendues interdépendances villes-campagnes et leurs concepts marketing du moment (« campagnes urbaines », « villes-forêt »…).

La biorégion profite certes d’un succès d’estime, mais ce, comme nous le verrons, souvent au prix d’une allégeance à un dogme urbano-mondialiste qui fait du développement infrastructurel et financier de l’entreprenariat urbain et de l’illimité colonial de la méga-machine sur les espaces et les espèces sa seule ligne de conduite, son seul imaginaire. Triomphant, il va sans dire. Surtout pour nos vies. Comme cela est vanté à longueur de journée par les institutions dans la connivence des savoirs installés (géographes, sociologues, politistes), et comme cela est soutenu sans discontinuer depuis maintenant plusieurs décennies par toutes les politiques gouvernementales : croissance et concurrence. On a peine à croire que ce régime à la fois économique et politique de grosseur a les vertus démocratiques de l’auto-détermination populaire et les vertus écologiques de la mesure et du soin du vivant. Nous assistons en fait à une dépossession accélérée de nos puissances et à une destruction inconséquente de nos habiter.

Dès lors, si les territoires du capitalisme d’Etat et de la mondialisation urbaine arrachent l’espèce humaine de la terre et de son ancrage dans la communauté biotique, les biorégions peuvent-elles représenter une alternative radicale ? Si la métropolisation applique l’uniforme  écocidaire aux formes de vie écologique, sociale et culturelle, la biorégion ouvre-t-elle une voie de sortie de l’ordre institutionnel, territorialement anti-écologique et anti-démocratique ? Ceci ne peut se faire sans un peu de clairvoyance, donc sans quelques vigilances. C’est l’objet de ce document du Réseau français des territorialistes.

Après avoir présenté, en guise de mise en bouche, la biorégion dans son sens historique, certainement encore le plus pertinent ce jour, nous proposons une analyse des applications biorégionales en France, ainsi que de dispositifs spatiaux d’ores et déjà existants pouvant s’en rapprocher (1.). Puis, nous opérons de même mais sur la base d’expériences étrangères se disant souvent plus engagées, non sans quelques faux-semblants (2.). Pour alors dessiner les contours d’une pensée biorégionale à la fois sécessionniste et autonomiste des Etats-Nations et de la métropolisation, par le confédéralisme autogestionnaire et une écologie sociale réellement ancrée dans le vivant (3), un anarchisme éco-féministe (4).

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