École d’été, 2016

24/25/26 août 2016 – Communauté de l’Arche de Saint-Antoine en Isère
Communs territoriaux : biorégions vs métropolisation. 2016 : les formes de recherche comme formes d’engagement.


Dans le prolongement des Premières Journées à Lyon les 23 et 24 mars 2016, ayant réuni 120 personnes sur le thème des Communs territoriaux : biorégion vs métropolisation, le réseau français des territorialistes créé une Ecole d’été, en partenariat avec l’UMR Triangle (CNRS, Ecole Normale Supérieure de Lyon, Université Lyon 2, Université de Saint-Etienne, Sciences Po Lyon) et avec le soutien du LabEx Intelligences des Mondes Urbains.


Communauté de l’Arche de Saint-Antoine (Isère) :

Voir la présentation

Télécharger la présentation courte

Télécharger l’argumentaire détaillé

Programme

Séminaire Commun(s) et Territoire(s), Lyon 2018


Télécharger le programme


Les notions de commun et de bien commun s’avèrent particulièrement mobilisées depuis plusieurs années dans différents domaines de l’action collective, ainsi que, plus récemment, dans celui de la recherche scientifique et dans les métiers de l’action territoriale. Ces notions offrent un prisme d’analyse d’initiatives foisonnantes plus ou moins militantes (habitats ou jardins partagés, monnaies locales, fermes sociales, ressourceries, boîtes à partage…). Une diversité de thèmes sont investis (économie, agriculture, mobilités, habitat…), de même que des outils (numérique, communication non violente, éducation populaire, intelligence collective…) et des échelles variés (du logement aux enjeux supranationaux, en passant par des initiatives de quartiers voire des réflexions métropolitaines). Ces actions accordent quelques caractéristiques aux notions de commun et de bien commun : des expérimentations pratiques, des usages collectifs de ressources, une auto-organisation de la gouvernance, des temporalités marquées par l’incertitude.

Toutefois, le questionnement sur le rôle des espaces et des lieux de construction et de réalisation de ces communs demeure globalement un impensé des réflexions actuelles : assemblée ou fabrique des communs à Lille, Lyon, Toulouse, Brest ou Rennes… ; plateforme de type wiki, media web et  radio indépendants… ; voire dans la mise en réseau des actions (réseau francophone des Biens communs, Communecter, Lyon en commun…). Si ce sujet Commun(s) et territoire(s) apparait d’abord premier, et s’il différencie en théorie fondamentalement les communs d’autres alternatives, en quoi les espaces, à la fois comme milieux creuset et imaginaires politiques, participent-ils à ce jour d’une telle revendication de communs ? En pleine actualité militante sur les mobilisations autour de l’habiter (ex : zones d’autonomie temporaire), il apparait que de tels liens ne sont que rarement explicités.

Ce séminaire réunira des collectifs et des chercheur.e.s autour de deux questions d’entrée, une par demi-journée. La matinée sera consacrée aux géographies des communs et à leurs effets spatialisés, avant de nous intéresser (l’après-midi) aux représentations et imaginaires véhiculés du politique (qui ne se limitent surtout pas aux seuls liens à l’action publique). Huit collectifs particulièrement investis dans l’action spatiale dialogueront en tables rondes avec six chercheur.e.s en géographie, sociologie, économie et science politique, ainsi qu’avec des étudiant.e.s de différents horizons disciplinaires de master de Lyon et de Saint-Etienne.

Depuis les catégories usuelles de l’action publique jusqu’aux nouvelles formes de communalités périphériques, entre réinvestissement des places urbaines et zones à défendre post-urbaines, peut-on réellement parler de « communs territoriaux » ?


Programme

9h30- 9h45 : Introduction (G. Faburel, C. Brossaud)

9h45 – 12h15 : La géographie des communs et ses espaces
Table ronde
Jérôme Blanc (économie, UMR Triangle), Claire Brossaud (sociologie, UMR EVS), Julien Derbey (Collectif Pourquoi pas), Martin Durigneux (Association Anciela), Laurie Guyot (Collectif Carton Plein), Nicolas Loubet, Charlotte Rizzo, Rieul Techer
(Collectif la Myne), Olivier Soubeyran (géographie, UMR PACTE)

Débat avec la salle

12h15-13h45 : Buffet

13h45 – 16h15 : Les communs territoriaux et leurs représentations/imaginaires du politique
Table ronde
Fabien Bressan (Labo Cités – CRDSU), Sylvaine Bulle (anthropologie, Laboratoire Théories du politique), Guillaume Faburel (géographie et science politique, UMR Triangle), Michel Lussault (géographie, UMR EVS), Alexandre Malfait et Pierre Simonin (Atelier Bivouac), Richard Pereira (Ecole supérieure d’Art et Design de Valenciennes), Daphné Vialan (Communauté de l’Arche)

Débat avec la salle

16h15 – 17h : Synthèse et perspectives
Mathilde Girault (UMR Triangle), Lucie Lerbet (UMR Triangle),
Claire Brossaud (UMR EVS), Guillaume Faburel (UMR Triangle)

Journée de lancement de Lyon, 2016


Programme des Premières journées du Réseau des Territorialistes à Lyon :

Ces deux journées ont accueillies entre 120 et 150 personnes, de différentes régions françaises, mais aussi d’Italie et d’Espagne, à l’Université Lyon 2, à l’Institut d’Études Politiques de Lyon ou à l’École Normale Supérieure de Lyon. Elles ont alterné des temps long de présentation et d’échanges, des tables rondes et des ateliers entre porteurs d’initiatives et praticiens, chercheur-e-s et étudiant-e-s.


– La journée du mercredi 23 mars s’est déroulée au Grand Amphithéâtre du Rize à Villeurbanne

La matinée a donnée lieu à l’intervention de six collectifs, en présence de plusieurs autres également invitées à venir échanger. Leurs démarches interpellent toutes la construction démocratique de l’agir et les métiers des différents champs professionnels, les communs territoriaux et les modalités de leur (re)connaissance. Des praticiens de cabinets d’architecture, d’urbanisme et de paysages, de bureaux d’études et d’observatoires ont été mobilisés pour engager un débat.

L’après-midi a été consacrée à deux tables rondes réunissant 16 praticiens et chercheurs, de différents horizons professionnels et disciplinaires, sur le thème de ce qui fait communs dans les territoires et sur les phénomènes engendrés par la métropolisation dans ce registre. Cette table ronde a été suivie d’échanges animés par des docorant-e-s.La fin d’après-midi a réunie, de manière ouverte, le réseau des territorialistes, pour capitaliser l’expérience, discuter des actions engagées (ex : site web) et débattre de celles à conduire.


-La journée du jeudi 24 mars s’est déroulée à l’IEP de Lyon; le matin au Petit Amphithéâtre et l’après-midi à l’Amphithéâtre Leclair.

La matinée a été structurée par quatre ateliers de production dédiés aux savoirs émanant des territoires. Cette matinée a proposée d’autres expériences, plus étroitement liées aux fonctionnements urbains. L’animation a été assurée par le collectif Anciela, accompagné d’étudiants de master et doctorat, et la restitution fut réalisée par des universitaires, avant mise en débat avec l’ensemble des participants.

L’après-midi a été consacrée aux formes renouvelées de la recherche, en lien à l’action, en présence de représentants de cinq UMR (géographie, sciences politiques, psychologie, architecture-urbanisme…) mais aussi du service Sciences et Société de l’Université de Lyon, ainsi que de la Société des Territorialistes (Italie). La fin d’après-midi réunira, de manière ouverte, le réseau des territorialistes français et italien, pour capitaliser l’expérience, discuter des actions engagées (ex : site web) et débattre de celles à venir (ex : création du réseau européen).

Enquête sur les imaginaires de l’habiter

Une enquête portant sur les imaginaires de l’habiter de la Vallée Longue a été conduite par des membres du Réseau des Territorialistes en mars 2019. Afin d’en dévoiler les imaginaires, cette enquête cherche à renseigner les manières d’habiter la Vallée Longue en passant notamment par une mise en récit des trajectoires de vie de ses habitants. Cela comprend bien sûr les trajectoires résidentielles et professionnelles, mais aussi toutes formes de ruptures et bifurcations liées à la vie personnelle et familiale. Les formes et motifs d’engagement sont également interrogés au prisme des expériences personnelles et collectives du politique.

Nous considérons en effet que les choix de vie sont orientés par des imaginaires, des valeurs, des principes et des croyances qui reposent eux-mêmes sur des expériences situées. Les imaginaires sont éminemment politiques, en ce qu’ils permettent de perpétuer ou de transformer la réalité instituée. Ainsi, enquêter sur les imaginaires, c’est chercher à dévoiler ce qui se joue dans les expériences individuelles et collectives – et notamment ce que ces expériences instituent de radicalement nouveau.

Pistes d’analyse évoquées lors de la restitution des premières données de l’enquête:

Parfois qualifiée d’ « île » du fait de son caractère isolé et préservé, la vallée est présentée comme un refuge pour des personnes qui recherchent le calme et l’éloignement par rapport aux centres urbains. La nature semble être un élément structurant du rapport au lieu – à la fois environnement agréable, mais aussi milieu vivant au sein duquel trouver sa propre place, dans un souci d’équilibre et d’harmonie. Les discours portent aussi beaucoup sur les formes de sociabilité vécues au sein de la vallée. Loin des institutions culturelles, une vie culturelle « sauvage » mais dense s’organise par ces réseaux de sociabilité. Cela signe une réalité plus large : l’envie de se défaire d’institutions dominantes, par une autonomie qui passe par l’action. Malgré des considérations et la défense de causes « universelles », reposant sur une philosophie empreinte d’humanisme, l’enquête révèle la volonté d’un engagement par l’action concrète, dans les limites du milieu écologique connu, pratiqué, habité. Entre partage d’expériences et transmission des savoir-faire, est posée la question du statut des savoirs dirigés vers l’autonomie – mais une autonomie tant individuelle que collective ; elle ne se confond pas avec l’autarcie. Des valeurs communes, de liberté, de coopération, d’entraide et de convivialité orientent cette vision de l’organisation sociale souhaitée.

L’enquête fait état d’une grande méfiance à l’égard du politique institué, qui ne tiendrait pas compte de la spécificité du territoire et dont on ne pourrait attendre de prendre en compte les enjeux qui lui sont propres. Plus largement, un rapport distancié et critique vis-à-vis des institutions de la société urbaine s’établit, du fait de trajectoires qui ont fait l’épreuve de ces institutions. L’écologie est alors structurante dans la bascule qui s’opère de la critique des institutions et de leurs imaginaires à la création d’autres formes-de-vie. L’enquête illustre des conceptions variées voire antagonistes de l’écologie, entre écologie institutionnelle, identifiée comme une écologie urbaine, et écologie située, incarnée dans des pratiques spécifiques au milieu.


Méthode de travail

Outre des temps d’immersion en Vallée Longue et d’observation participante des activités du collectif, l’enquête repose principalement sur la réalisation d’une vingtaine d’entretiens semi-directifs auprès d’habitants. Des critères de sélections particuliers permettent d’assurer une certaine représentation des différentes vagues migratoires, des différents métiers et trajectoires professionnelles, des différentes générations qui peuplent la Vallée Longue, mais aussi de la proximité avec le collectif, incluant des personnes ne connaissant pas le collectif.

Le collectif a été impliqué en amont de la passation des entretiens, dans la construction des thèmes de l’enquête, mais aussi notamment pour aiguiller les enquêteurs dans leur entrée sur le terrain. Ce travail a aussi pour intention de mettre en débat les données recueillies et l’analyse qui en est produite. Ainsi, des temps de retour sur l’enquête – dont un premier, réalisé en novembre 2019, à partir des premières données – permettent de confronter l’analyse aux attentes du collectif et à leurs propres interrogations.


Finalités

Ce travail a pour intention d’accompagner le collectif de la Vallée Longue par le dévoilement d’imaginaires – tant discordants, conflictuels que communs – qui orienteraient les actions et l’identification des visions territoriales souhaitées ainsi que leurs mises en débat.

Par la suite, les imaginaires sur lesquels reposent les manières de vivre dans les Cévennes pourraient être mis en perspective avec d’autres territoires, afin de voir en quoi ces imaginaires peuvent ou non être partagés.

Participation aux Automnales 2018 et 2019

Le Collectif Vallée Longue est un groupe de personnes, pour la plupart impliquées dans les associations de la Vallée Longue, souvent arrivées récemment et dont les préoccupations convergent vers les questions de ruralité, transition, environnement, lien social et culture.

Ce Collectif a décidé d’organiser une semaine d’animations, les Automnales 2018, faisant suite aux automnales 2015 et 2016 organisées par le Céfédé, dans l’intention de donner à chacun des éléments de réflexion sur la transition environnementale et sociale en cours, pour mieux appréhender la ruralité d’aujourd’hui et de demain.

Premier événement organisé par le collectif, du samedi 10 au dimanche 18 novembre, les Automnales 2018 ont officialisé le début d’un travail commun entre le réseau et le collectif de la Vallée Longue. A ce titre, des membres du réseau ont participé à ces Automnales par un travail d’observation immersive tout au long de la semaine ainsi que par la conduite d’une conférence suivie d’un débat durant la soirée du vendredi 16 novembre.

Du 9 au 17 novembre 2019 s’est tenue la 2ème édition des Automnales du collectif de la Vallée Longue. Durant cette édition, une soirée était consacrée à l’actualisation et la poursuite des débats initiés l’année précédente au sujet des perspectives politiques engagées par et dans les « nouvelles ruralités ». En outre, une restitution des premières données de l’enquête a été proposée.

Télécharger le programme des automnales de 2018 en pdf